A propos de l'auteur de ce blog

Mehdi Lamloum, bloggeur et Vidéobloggeur depuis 2005. Actuellement directeur de creation dans une agence de communication, base a Hong Kong
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samedi 6 avril 2013

Awards ? Pourquoi faire ?



Pour la première fois depuis pas mal d'années, le principal festival de créativité publicitaire de la région MENA, Dubai Lynx, s’est achevé sans la moindre agence tunisienne dans les vainqueurs. Pire, aucune campagne tunisienne n’a même été shortlistée.


Sans revenir sur les causes et surtout les conséquences sur le secteur, il serait peut être pertinent de traiter la question qui revient souvent quand on aborde le sujet des awards : Pourquoi?


Les awards peuvent et doivent être le moteur de l’innovation dans une agence. Oui, même une agence de pub a besoin d’innovation.
Les différents festivals doivent être, non le moment de ressortir des campagnes existantes pour espérer décrocher une shortlist, mais une motivation pour creer un process sur la durée qui est présenté aux créatifs comme une opportunité de prendre des risques, tenter des choses, explorer des nouvelles choses...
C’est un travail sur la durée qui permet un apprentissage fait a base d'expériences et de prise de risque.

Une nouvelle catégorie a été lancée cette année aux Cannes Lions : Innovation. Ca en dit long sur la direction stratégique que prennent les principaux festivals!

Quand on regarde les palmarès des dernières années, ce sont souvent les campagnes les plus innovantes (et non les plus efficaces) qui ont raflés le plus de prix, certaines comme Pay with a Tweet, Decode Jay-z ou Nike Fuelband inventant de nouveaux standards publicitaires.

Mais ce processus de création, d’innovation et d’exploration de domaines inconnus ne peut se faire sans une implication globale de toute l’agence et non uniquement les créatifs.
Et cet effort d’innovation ne peut qu'être bénéfique pour l’agence et ses clients qui pourront profiter d’un retour d'expérience et a leur tour prendre plus d’initiatives et de risques (Certains sur le marche tunisien le font déjà).

Le potentiel existant en Tunisie est énorme. Le talent des créatifs tunisiens et le système D sont une incroyable opportunité. Il est beaucoup plus difficile d’innover dans un marche fermé et rigide que dans un marche plus ouvert et en attente d’un souffle nouveau.

Il faut juste la volonté de le faire...

dimanche 31 mars 2013

The other economy - Hong Kong










samedi 29 décembre 2012

La rue influence Facebook (et non plus l'inverse)

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Les deux dernières années 2011 et 2012 auront été une période riche en expérimentation en matière de propagande en Tunisie.

Alors qu’avant 2011, les seuls qui avaient de l’expérience en la matière étaient les cyber activistes connus et reconnus (je ne vais pas les nommer de peur d’en oublier certains), à partir de 2011, ils ont vu s’inviter dans le jeu, les différents militants des partis politiques, avec une mention spéciale pour Ennahdha.

La propagande politique a connu ces derniers mois un virage important.
Nous sommes passé d’une logique de «  Je fais bouger la rue avec Facebook » à « On va dans la rue et on fera bouger Facebook »

Le canal de propagande est resté le même depuis deux ans : toujours et encore les pages Facebook. C’est la stratégie de création de contenu qui a changé.

Hier : On bouge sur Facebook pour faire l’opinion de la rue


Avec l’idée communément admise que «  Facebook a fait la révolution » bien ancrée, on a essayé de manipuler et contrôler l’opinion publique a travers Facebook entre 2011 et 2012.

Deux facteurs ont contribué a cela :
-       Les tunisiens avaient pris l’habitude de s’informer sur Facebook pendant trois ou quatre ans. Acheter un journal, regarder les infos, recouper différentes sources pour se faire sa propre idée n’était pas commun. Ils ont donc continue de faire ce qu’ils savaient faire de mieux « J’aime et je partage » selon la formule consacrée,
-       L’émergence d’un tas de contenu totalement inconnu du grand public. Des anciennes vidéos oubliées dans les profondeurs de Youtube, des documents avec des tampons disant que machin a reçu de l’argent de tel ministère ou a acheté un terrain pour pas grand chose… beaucoup de sensationnel a l’origine non identifiée et souvent invérifiable qui intéresse forcement tout le monde.

Il suffisait donc de poster des montages vidéo, des images, des statuts affirmant des choses sans aucune preuve, pour que dans l’après-midi tout le monde en parle comme d’une vérité absolue…

Il s’agissait souvent donc de récupérer du contenu créé ailleurs (télévision, radio, documents, videocast de révolutionnaires autoproclamés) pour le diffuser sur des centaines de pages Facebook, modifier l’opinion publique et avec un peu de chance faire bouger la rue. (cf Abdeleya)

Oui mais voilà, ca marche de moins en moins…

Aujourd’hui : On bouge dans la rue pour faire l’opinion sur Facebook

Manif devant Meeting Nidaa tounes a Djerba . Source image L'economiste Maghrebin

Avec des dizaines de nouveaux quotidiens de tous les bords (Indépendants, anti-Ennahdha, pro-ennahdha, dédiés a la défense de certains hommes d’affaires...), le développement de l’audience d’Attounisia, la nette amélioration dans le contenu de la télévision publique, les tunisiens ont plus de sources d’informations et ne croient plus ce qu’on leur raconte sur Facebook.

Il fallait donc revoir la stratégie de création de contenu et revoir le processus.
Désormais on ne va plus utiliser Facebook pour faire bouger la rue, on va utiliser la rue pour faire bouger Facebook.

Concrètement, il s’agit de créer son propre contenu et non plus en récupérer à droite et à gauche. Ce contenu serait créé lors d’évènements organisés et maitrisés pour donner l’image qu’on désire.

S’il fallait le résumer dans une phrase de publicitaire je dirai qu’ils organisent des activations de marque, ou ils sont en contact direct avec leur cible. Tout est enregistré pour créer du contenu qui sera par la suite diffusé et permettra de toucher une plus large audience et d’optimiser son Earned Media.

Les exemples sont nombreux ces derniers jours mais on peut en citer les deux plus importants : l’affaire de l’UGTT à la place Mohamed Ali et Le meeting de Nidaa tounes à Djerba.

Dans les deux cas, tout est parti d’une opération sur le terrain.
Cette opération était largement filmée et documentée. La présence des medias est un must absolu.
Une fois le tout filmé du bon angle et donnant la bonne impression, il suffit de le partager sur Facebook pour influer sur l’opinion publique.

Dans le cas des évènements de la place Mohamed Ali, ca a généré le débat autour de qui a commencé. Dans celui du meeting de Nidaa Tounes à Djerba, ca a donné «  Djerba qui refuse Nidaa Tounes » 

Et alors ?

D’un point de vue stratégique, c’est une approche très intéressante et probablement la plus pertinente…quand il s’agit d’une marque.
Quand il s’agit de partis politiques, cela s’appelle jouer avec le feu.
Le risque de débordement est important puisque les éléments participants à ces « activations » ne sont pas sous-controle à 100%...À moins que ces débordements soient voulus et faisant partie intégrante de la stratégie pour frapper d’une pierre deux coups : faire l’opinion et montrer qu’on contrôle la rue…

Bonus Track - Kanye West - No Church in the Wild ( Realisation Romain Gavras)

mercredi 3 octobre 2012

Ouvrez et fermez votre porte avec un smartphone


Encore un objet connecté et intelligent. Lockitron connecte votre porte à votre smartphone pour pouvoir la contrôler. 
Non seulement vous pouvez ouvrir et fermer votre porte de n'importe où dans le monde mais vous recevez une notification si quelqu'un tape à la porte.


mercredi 19 septembre 2012

Des chaussures connectées qui vous indiquent votre chemin


Nous sommes aujourd'hui entourée d'un ensemble d'applications qui veulent toutes savoir où nous sommes. Google Maps, Foursquare, Instagram, Twitter, Facebook...Toutes nous proposent d'indiquer notre emplacement pour nous offrir "une meilleur expérience".

Bientôt ce sont les objets qui, une fois connectés, voudront connaitre notre emplacement. Loic Lemeur ne s'y est pas trompé en choisissant comme sujet pour LeWeb12 " The Internet of Things".

La question restera de savoir quelle "experience" pour nous donner ces objets une fois connectés?

Un artiste, Dominic Wilcox, a eu l'intéressante idée de connecter ses chaussures. Pourquoi? Pour qu'elles puisse lui indiquer le chemin du retour vers sa maison bien-sûr. Où tout autre endroit qu'il désire.

 

lundi 17 septembre 2012

Manipuler les masses n'a jamais été aussi simple


Les pays du printemps arabes ont connu une semaine assez mouvementée. La Tunisie, l'Egypte et la Libye ont vu une partie de leurs citoyens manifester de manière très violente.

La raison, une vidéo sur Youtube insultante envers le prophète, et les conséquences, ambassades brulées et pertes humaines des deux cotés, ont fait le tour du monde et la une de tous les médias.

Au-delà de l'information, et des différentes analyses qui tombent de partout dans le monde, il serait intéressant de s'arrêter sur la mécanique qui a abouti à cet état de chaos.

Après l'affaire dite de "Abdeleya", j'avais publié un post me demandant si quelqu'un s'était brulé en jouant à Facebook. Un simple post sur Facebook, repris par des centaines de pages, a fini par mettre une partie du pays en feu et a abouti à un couvre feu. 

Des conséquences non négligeables qui montrent qu'aujourd'hui, il est possible de créer un état d'instabilité simplement à partir d'un contenu publié sur les réseaux sociaux. 

La même méthodologie ?

S'il fallait une sorte de manuel pour débutants sur "Comment foutre le bordel grâce aux réseaux sociaux" il pourrait être résumé en trois étapes.

Identifier la cible

Et pas n'importe quelle cible, ça doit être LA bonne cible. Elle doit généralement répondre à trois impératifs.
Le premier est le nombre. La cible doit être de préférence une masse suffisamment importante pour le moment venu avoir suffisamment de ressources humaines pour aller sur le terrain. Mais elle doit cependant être minoritaire dans son environnement pour se sentir dans une position d'opprimé et trouver les "ressources" de réagir vigoureusement.
Le deuxième est le radicalisme. A éviter absolument les cibles qui ont une tendance à préférer le dialogue. 
Le troisième est leur historique violent. Il vaut mieux choisir une cible qui a déjà montré sa capacité à entreprendre des actions violentes ou qui regorge de membres n'hésitant pas longtemps avant de frapper les premiers. De l'experience est toujours necessaire pour garantir plus de chances de réussite d'une pareille aventure.

Une cible pareille est facile à trouver, partout dans le monde, et pas que dans les pays arabo-musulmans. Petit avantage cependant dans les pays du "printemps arabe" en ce moment : l'Etat est faible et affaibli. Il est plus simple pour la "cible" de passer à l'action violente sans craindre une réaction efficace de l'Etat.

Créer du contenu adéquat et le poster sur "Internet"

Peu importe la forme (vidéo, photo, texte) et la qualité du contenu, pourvu que la forme soit la bonne: provoquer la cible sur le point le plus important pour elle. Un fondamental de la cible, un point de non-retour...La provocation doit non seulement porter sur ce point mais elle doit aussi le remettre en cause de la manière la plus agressive possible. Et dans ce domaine plus c'est gros, plus ça passe.

Laisser faire la magie d'Internet

Même si dans le cas du film qui vient d'embraser une bonne partie du monde arabe, un effort a été fait pour faire parvenir ce film jusqu'aux oreilles des médias qui se sont chargé d'allumer la première étincelle, il n'est pas necessaire de faire autant d'effort.

La magie d'internet est celle de vous faire parvenir le contenu jugé le plus "pertinent" par rapport à votre profil déclaré sur les réseaux sociaux.
Même si ça prends du temps, une personne de la cible ou proche de la cible se retrouvera nez-à-nez avec le contenu en question : Une vidéo suggérée sur Youtube, un hashtag sur twitter, une publication d'une page sur Facebook... Quelques mots-clés bien senti suffisent parfois à le faire.

Une fois ce contact établi, il suffit de compter sur les 3 "qualités" de la cible énoncées plus haut pour que ça prenne.

Ce processus peut-il être répété à volonté?


Tant que les conditions nécessaires sont réunies, ce genre d'experiences pourra être répété à volonté.
Depuis Janvier 2011 et rien que pour le cas de la Tunisie, beaucoup de manifestations violentes et brutales ont eues lieu, se basant uniquement sur un contenu posté sur Internet. 
Un contenu que souvent une part des manifestant n'a même pas vu mais le simple fait de savoir son existence les a poussé à descendre dans la rue et à avoir une réaction violente.

L'un des grands risque est la tendance des vieux (simple constat: cheveux blancs, calvities et moustaches à l'appui) qui nous gouvernent à aller vers une solution simple : la censure.

Internet pourra être pointé du doigt comme une Arme de Destruction Massive et la volonté de censurer pourra émerger assez rapidement. Même si elle ne prendra pas une forme claire, la censure pourra être effective à travers des lois restrictives de libertés et touchera non seulement internet mais toute forme d'expression.