
NB: Article publié sur les colonnes de Tunis-Hebdo le Lundi 25 Mars
Nous utilisons tous les jours des dizaines de services gratuits, des sites d’informations aux messageries instantanées en passant par les emails, au point qu’il nous semble aberrant de payer pour un service online. Le « Gratuit » est-il devenu le Busines Model 2.0 ?
Un exemple concret : Google acquiert en 2007 l’éditeur de Flux RSS Feedburner. Dans la foulée, Google annonce que Feedburner, déjà gratuit pour l’offre de base, le sera désormais pour l’offre PRO autrefois payante. C’est l’exemple typique de la situation qui serait totalement inconcevable dans ce qu’on appelle la vieille économie. Seulement, internet permet ce genre « d’incohérence » car la notion de Business Model varie sensiblement.
Peu d’internaute conçoivent aujourd’hui de payer pour un service online. Nous sommes aujourd’hui dans une logique de contenu, de prestation et de service offert gratuitement au consommateur dans le but de le fidéliser. Mais comment ces services gratuits arrivent-ils à être rentables et à Survivre ?
Solution élémentaire : La publicité.
C’est la première source de revenu qui peut venir à l’esprit. Que ce soit sous forme de Google Adsense ou de bannière publicitaire, la pub online est très présente et il est rare, voire presque impossible de tomber sur une page qui n’en contient pas.
C’est aujourd’hui le cas de tous les sites tunisiens qu’ils soient de contenu, de petites annonces ou d’autres services comme l’email. Seulement, ne compter que sur la pub comme source de revenu équivaudrai à placer tous ses œufs dans le même panier. Google Adsense ne saurait, sauf en quelques cas, assurer une pérennité d’un service. Les autres formes de publicités dépendent essentiellement de l’attrait du site et de sa capacité à générer du trafic et surtout du volume d’investissement que le marché est capable d’absorber.
L’exemple parfait des services monétisés grâce à la publicité est Google : Un moteur de recherche(Google), un éditeur de blog (Blogger), un service d’email illimité (Gmail), une messagerie (Gtalk), un éditeur de fux RSS (Feedburner)…et j’en oublie !
Tous ces services gratuits n’ont pour objectif que de faire tourner une machine à générer du cash : la régie publicitaire.
Divisée en deux parties, Google Adsense pour les éditeurs de sites et Google Adwords la régie au clic, la publicité est le cheval de bataille de Google pour lequel il investi des milliards de dollars annuels en recherche et développement…pour d’autres services, tous aussi gratuits les uns que les autres.
Deuxième solution : Faire payer…pour des offres premiums !
En plus de la publicité, certains éditeurs de services ont la possibilité de mettre en place une offre dite « premium ».
Cette solution implique de fournir deux types de services ou de contenu : Le premier basique, évidemment gratuit. Le second, plus développé, et forcément payant.
L’exemple le plus intéressant est celui de certains sites de contenus tel que LeMonde.fr. La plupart des articles sont consultables gratuitement mais certains, tel que les tribunes de personnalités ou les archives ne sont consultables qu’au moyen d’un abonnement mensuel, au tarif raisonnable. C’est justement ce tarif raisonnable et la plus value importante, accès total aux services, qu’il apporte qui sont le principal argument de vente. En couplant ce type d’offres avec de la publicité, la rentabilité du site ne peut qu’en être améliorée.
Autre solution : Faire payer son expertise !
Certaines sociétés ont pour stratégie de fournir du contenu et des services gratuits afin de pouvoir vendre derrière des services plus élaborés. Le cas des cabinets d’études est le plus édifiant.
Beaucoup de société fournissent gratuitement des études et travaux pertinents qu’ils pourraient, fort logiquement, facturer. Le choix du gratuit est dirigé par la volonté de se bâtir une image forte auprès de la cible qui permettra à terme de vendre son expertise pour des missions plus détaillées, personnalisées ou approfondies.
Cette stratégie ne peut porter ses fruits qu’au terme d’un investissement considérable pour fournir du contenu gratuit valorisable et valorisé et pour un travail sur l’image grâce à une stratégie de « public relations » qui permet de mettre en valeur son expertise.
Une chose est sûre, les services payants n’ont quasiment plus d’avenir sur le web. Au-delà du modèle gratuit, on voit aujourd’hui la naissance d’un nouveau type de Business Model : les « No Business Model »
Ce sont des services web, totalement gratuits, qui regroupent des millions d’utilisateurs et qui pour l’instant ne génèrent pas de cash et surtout n’ont pas d’idée claire sur comment en générer.
Les parfait exemples sont Netvibes (lecteur de flux RSS et page personnelle) et Twitter.
Deux des services les plus innovants, des plus utilisés de part le monde et qui ne génèrent toujours pas le moindre centime. Pourquoi continue-t-on à investir dedans ? Parce que le plus important pour la réussite d’un service web n’est pas de rentabiliser à court terme mais plutôt de fidéliser des utilisateurs à moyen terme.