A propos de l'auteur de ce blog

Mehdi Lamloum, bloggeur et Vidéobloggeur depuis 2005. Actuellement directeur de creation dans une agence de communication, base a Kuala Lumpur, Malaisie
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mardi 20 octobre 2009

How can I Help You?


Article publié sur les colonnes de Tunis-Hebdo dans sa livraison du 19/11/2009

C'est la question que l'on pose toujours aux entrepreneurs ou futurs entrepreneurs aux Etats-Unis. Que vous soyez porteur d'un projet, que vous ayez un business qui roule déjà ou un gars qui créé sur le web ou ailleurs, c'est la question que les américains adorent poser
.

Ce n'est pas dans un but caritatif qu'ils le font mais simplement quand ils estiment gagner de l'argent avec une idée ou une personne. Le web tunisien en aurait bien besoin.
Cyrille de Lasteyrie, un videobloggeur français qui a dû s'exiler à San Francisco, a déclaré qu'aux USA, la première question qu'on vous pose c'est "How Can I Help You?" alors qu'en France, c'est plutôt "Can you call me later plz?".

En postant cette citation sur mon status Facebook, les réactions ont vite viré à ce qu'on dit en Tunisie. Entre les "reviens demain", "il est pas dans son bureau", "vous êtes qui?", les vannes n'ont pas manqué.
Malheuresement, elles sont toutes vraies. Et plus encore quand il s'agit de web.

La culture du risque?

On a malheureusement beaucoup de mal à faire confiance aux personnes qui bossent dans le domaine du web en Tunisie. Les exemples des personnes qui ont décollé grâce à Internet sont inexistant ou presque. Seul Wassim Herissi, créateur de Khali9aTV est sorti du web pour avoir sa chance ailleurs et surtout pouvoir vivre de son talent et de sa passion. Un cas isolé qui ne reflète pas la réalité de la création dans le domaine du web.

La culture du risque chez les investisseurs est quasi-absente dés qu'on leur parle d'internet. Que vous soyez un développeur, entrepreneur ou un créateur de contenu, rares sont les personnes qui semblent prêtent à vous tendre la main.
Soyons clair: nous ne parlons pas de mécénat ici mais bel et bien de personnes qui font de la veille et qui peuvent juger qu'un investissement modeste peut leur permettre de gagner beaucoup d'argent et rentabiliser leur investissement. Le risque est évidemment ridiculement faible puisque les montants engagés ne sont pas énormes, en comparaison avec d'autres secteurs.
Si la culture du risque est absente, celle du web l'est malheureusement encore plus. Elle se manifeste souvent quand votre interlocuteur vous sort la phrase "Nous sommes conscient qu'internet c'est l'avenir".

Internet c'est déjà le passé, le web mobile est l'avenir et pas que lui. Cette excuse d'ignorance d'internet n'est pas valable. Quand on investi sur des technologies industrielles à laquelle on ne comprend rien, les investisseurs engagent souvent des experts. Faire la même chose avec le web est tout à fait possible.

Le rôle des "industriels" du web
Les premiers concernés devraient être les grandes structures impliquées dans le domaine d'Internet. Que ce soit les différents fournisseurs d'accés (Topnet, Planet, Gnet, Hexabyte, Tunet) ou les deux opérateurs telecom, ce sont ces sociétés là qui doivent s'impliquer les premières dans la promotion de startup/projets venant du monde du web.
Tunisiana a bien créé un fond d'investissement, Tunisie Telecom aussi mais, passé l'effet d'annonce on a du mal à voir du nouveau (la recherche sur le site Tunisie Telecom de sa DIVA SICAR ne renvoi aucun résultat)

Topnet aussi parle de son Topnet Labs et invite les porteurs de projets à présenter leurs idées mais l'invitation est plutôt timide, limite gênée.
Une plus grande implication de la part de ses acteurs du marché dans la promotion du web et des webentrepreneurs ne peut que peut être bénéfique à moyen terme, surtout avec l'introduction prochaine d'un concurrent supplémentaire.

Au-delà des annonces, c'est une information fiable et détaillée qui devrait être disponible et une porte d'entrée claire vers ses structures pour les créateurs et les porteurs de projets.