
NB: Article publié sur les colonnes de Tunis Hebdo dans sa livraison du 27/09
C'est une expression qu'on entend de plus en et qui tend à devenir un véritable sport national. Tout se poste sur Facebook: photo, vidéos, son...
Capturer un moment, un instant, un événement, par une photo ou une vidéo est devenue très simple. Tous les téléphones mobiles sont dotés de caméra qui permet, en clic, au pire de prendre des photos d'une qualité respectable au meilleur de prendre de longue séquences vidéos de bonne qualité.
Le phénomène a commencé à se développer en Tunisie dans les stades de foot. Des simples forums de supporters proposaient quelques instant après la fin d'un match, d'une séance d'entrainement, divers photos et vidéos. Même si la qualité n'était souvent pas là, ce type de media avait l'avantage d'offrir une autre vision de l'événement: prise sur le vif.
Entre voyeurisme et journalisme citoyen, on a souvent du mal à se placer mais le but est souvent le même: partager avec le plus grand nombre, un moment, un événement que ne captent pas les caméras de la télévision par exemple.
L'explosion de Facebook en Tunisie, qui rappelons-le héberge des bouts de vie de 600.000 tunisiens, a permis de développer me volume de ces médias et on a commencé à en voir de toutes les couleurs. Un taxi encastré dans un mur, une explosion accidentelle dans un café, une baggarre entre vieux on ne sait où, les instants capturés différents mais se distinguent tous par leur originalité.
"Dégainer" son téléphone portable par des Luky-Lucks des temps modernes est devenu un réflexe, au point où Facebook est presque considéré comme un media à part entière auquel on se connecte pour voir l'actualité.
Même si Facebook n'a pas été pensé pour cela, c'est l'usage qu'on font les internautes de chaque pays qui le définit. En Tunisie, il se positionne essentiellement comme une plateforme de partage de medias, essentiellement la vidéo.
Mais aujourd'hui, peut-on tout partager? Peut-on tout filmer? Absolument pas!
Le cas se pose souvent dans certains événements culturel tel que les concerts où les organisateurs vont parfois jusqu'à interdire certaines caméras. Le cas se pose aussi pour des événements dans la rue où la personne impliquée n'a pas forcément envie que le monde entier sache où, quand et avec qui elle était.
Le droit à l'image et à la vie privée existe et bien souvent il faut le consentement d'un personne pour pouvoir la prendre en vidéo et partager cela avec des dizaines de milliers de personnes. Il est clair que rares sont les personnes qui ont cet élément en tête.
Il est important de développer la pédagogie dans ce sens et d'expliquer que parfois, il n'est pas nécessaire de dégainer son téléphone portable et de filmer car, et au-delà du point de vue légal, l'éthique n'est pas toujours sauve. Souvent, ce n'est qu'une affaire de conscience personnelle. Cette pédagogie est importante car elle permettra de développer l'utilisation de la vidéo/photo sur le web de manière non-anarchique et surtout inscrira certaines valeurs de respect de la dignité humaine, du droit à la vie privée de manière durable dans l'esprit de tout le monde.