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Mehdi Lamloum, bloggeur et Vidéobloggeur depuis 2005. Actuellement directeur de creation dans une agence de communication, base a Kuala Lumpur, Malaisie
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lundi 18 janvier 2010

Le Web est la chance du cinéma tunisien


En ré-ecoutant un ancien album "Soldats de fortune" d'Akhenaton un de leaders d'IAM, un groupe de Rap français que j'arrête pas d'écouter depuis mes 11 ans, j'ai trouvé aux détours des paroles d'une chanson une bonne leçon à donner aux protagonistes du cinéma tunisien.


J'avais déjà traité du thème de la production cinéma et théâtrale en Tunisie dans deux Vcasts: le premier consacré à Cinecitta et le second sous forme d'interview avec Karim Amri d'Alkazart, l'un des producteurs les plus "actifs" sur la scène ces derniers temps.

En parlant de la production de son Album et en abordant la thématique du piratage :
Si t’aime ça, télécharge le, bombarde le dans la chambre
Allez compare le, j’l’ai pas fait que pour vendre, à l’origine
Pour qu’on en parle,
......................................................
Où en étais-je ? ah ouais, t’as gravé le street album
C’est 361 autoprod on a pas le fric d’Alstom
Alors si tu penses qu’t’en a pour ton blé, va l’acheter
Car voler ceux qu’on aime c’est vraiment la pire des lâchetés


Les producteurs et réalisateurs de cinéma tunisien se plaignent très souvent de l'absence du public dans les salles.
Incriminant tour à tour, les spectateurs qui se détournent du cinéma, les DVD piratés ou le P2P sur le web.
Ce qui est intéressant dans le discours d'Akhenaton, c'est le coté positif de sa démarche. Graver, ce n'est pas voler...à condition d'acheter l'album.

Les réalisateurs et producteurs de cinéma tunisien ont, à mon sens, un seul et unique moyen de faire revenir les gens dans les salles: Mettre une partie de leur production en libre partage sur le web.
Les salles de cinéma sont souvent vides et les hommes de cinémas locaux sont d'illustres inconnus pour toute une génération. Pourquoi? Parce que leurs oeuvres dorment tranquillement dans les tiroirs, prenant la poussière.

Voici pourquoi les réalisateurs et producteurs tunisiens devraient mettre leurs films en libre téléchargement sur le web:

  • Leurs films ne passent nulle part. Tout au mieux deux fois par an dans de petits festivals. S'ils pensent que leurs oeuvres ont été faites pour être vues, le meilleur moyen est de l'offrir aux gens.
  • Ces films ont été généralement subventionné par le ministère de la culture tunisien. On ne va pas dire qu'il revient de droit au contribuable qui l'a financé mais nous dirons qu'au moins, c'est largement amorti.
  • Ils pourront pour une fois savoir ce que pense réellement leur public de ce qu'ils sont fait. Le web, avec les médias sociaux entre-autres, permet de recueillir des feedbacks de manière simple et directe.
  • Ils pourront redonner envie aux gens de regarder un film tunisien et de revenir vers les salles.
  • Cette diffusion sur le web, permettra aux producteurs d'explorer de nouvelles manières de monétiser leurs films et de développer du merchandising autour.
Beaucoup de films tunisiens sont déjà disponible sur le web mais étant issus de copie piratées, la qualité est souvent moyenne pour ne pas dire médiocre. On peut en voir quelques uns sur 7vie.com par exemple.
Certains réalisateurs tunisiens ont commencé à mettre leurs productions sur le web.
Nadia Touijer a mis son court "Le Refuge" et Moncef Dhouib vient de mettre un de ses courts-metrage sur Facebook.
L'initiative est bonne...mais à quand un long-métrage.