A propos de l'auteur de ce blog

Mehdi Lamloum, bloggeur et Vidéobloggeur depuis 2005. Actuellement directeur de creation dans une agence de communication, base a Kuala Lumpur, Malaisie
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mardi 30 mars 2010

Le Derby passera par le Web

Article publié sur les colonnes de Tunis-Hebdo dans son édition du Lundi 29 Mars 2010

L'événement "sportif" de ce mois a été le lancement par les deux grands clubs de Tunis, L'Espérance Sportive de Tunis et le Club Africain de leurs propres émissions sur deux chaines TV concurrentes, HannibalTV et NessmaTV.
Un lancement qui a été annulé à la dernière minute, sans raisons claires mais avec plusieurs tentatives d'explications plus ou moins maladroites.
Du coup, l'Espérance s'est rabattue sur le web avec un site www.taraji.tv qui diffusera les émissions produites.
Mais pourquoi Internet a été seulement une solution de repli...alors que c'est la solution idéale?

Vieux réflexes, vieille vision...


Internet est aujourd'hui en passe de devenir le premier Media en Tunisie. Avec 3,4 millions d'internautes pour plus de 300.000 lignes ADSL (10 internautes en moyenne par ligne, chiffre raisonnable), on est très loin d'internet "le media élitiste" et au taux de pénétration "modeste".

Mais pourquoi les dirigeants de ces deux clubs ont-ils choisi la TV au lieu d'Internet? Parce que c'est probablement le vieux fantasme du "je passe à la TV", symbole de la consécration ultime et de la notoriété assurée.

Il y a aussi le rêve jamais abouti d'avoir sa propre chaîne de télévision. Cette rengaine, qui ne cesse de revenir sur le tapis depuis 2004, a toujours été un rêve pour les dirigeants sportifs en Tunisie. Conscients d'avoir un large public acquis à leur cause, ils ont pensé à juste titre le d'avoir son propre media comme une impulsion formidable pour els recettes de clubs professionnels sur le papier.

Mais voilà, aujourd'hui nous sommes en 2010 et non plus en 2004. Avoir son émission de Tv, c'est parier sur le passé et manquer cruellement de vision.
Internet est aujourd'hui le seul media qui avance de manière exponentielle tous les jours. Les raisons pour miser dessus sont très nombreuses.

Internet c'est LE media


En regardant les chiffres d'audience de la télévision, on remarque qu'au fil des ans, les gens passent de moins en moins de temps devant leurs écrans.
La démocratisation des terminaux (PC, laptops, netbooks, ipod...), le chute des prix pratiqués par les fournisseurs d'accès à internet, les DVD à 2 dinars, les wifis gratuits dans les lieux publics...ont fait qu'on est de moins en moins tentés de passer son temps devant la TV.
Les coûts de mise en place d'une plate-forme vidéo sur internet sont très loin de ceux d'une émission télé. Les solutions techniques existent, sont efficaces et rodées et la technologie permet de réduire de manière très grande le temps de chargement et les problèmes de bande passante.
Internet est aussi le media interactif par définition. On aura beau essayer, interagir avec une émission télé n'est pas possible.
Le web offre la possibilité de faire vivre un programme, grâce au crossposting sur différentes plateformes, et de le diffuser à très large échelle. Sur les blogs, les sites, les réseaux sociaux tel que Facebook.
Evidemment, les émissions TV se retrouvent sur le web aussi mais n'oublions pas que c'est dans l'illégalité la plus parfaite. Alors que le principe même de la vidéo sur le web c'est le partage, la télévision est souvent tenues par les règles du copyright.

Un espace libre...


Tant qu'on reste dans le cadre des lois, Internet présente l'avantage d'être un media libre.
Contrairement à la TV ou à la radio, nulle besoin d'avoir des autorisation réglementaires pour "émettre" sur le web, ni d'attendre des autorisations sujettes à des conditions pas toujours évidentes à remplir.
Laisser un media qui touche 30% de la population tunisienne, qui demande un investissement "raisonnable", qui est en constante évolution et qui navigue en marge des autorisations pour un media fortement réglementé, qui demande un investissement lourd et dont l'influence tend à se réduire pour ce genre de formats...la décision a de quoi étonner.