A propos de l'auteur de ce blog

Mehdi Lamloum, bloggeur et Vidéobloggeur depuis 2005. Actuellement directeur de creation dans une agence de communication, base a Kuala Lumpur, Malaisie
Les informations, opinions, réflexions, analyses, conneries, ne représentent que mon avis personnel et n'engagent en aucun cas celui de mon employeur ou de mes partenaires.

Pour me contacter, vous pouvez utiliser mon email me [at] mehdilamloum [dot] com

Contrat Creative Commons
Ce(tte) oeuvre de Mehdi Lamloum est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 3.0 Unported.

vendredi 4 février 2011

Tunisie : Une révolution qui accouche d'un Internaute nouveau!


NDLR: Cet article a été publié précédemment sur Webmanagercenter.com, le 2 Février 2011.

Si “la révolte du Jasmin” fut un raccourci facile, la “révolution Internet” l'a été encore plus.
La révolution tunisienne ne s’est pas faite grâce à Internet même si les réseaux sociaux ont contribué à diffuser efficacement l’information vers les citoyens et les médias étrangers. Internet n’a pas fondamentalement modelé la révolution tunisienne...mais l’inverse est vrai!

La révolution a changé à jamais le rapport du Tunisien à Internet et à plus d’un égard.

La révolution a modifié notre rapport à Internet: L’information est venue à nous...malgré nous!

L’information concernant les abus de l’ancien régime arrivait essentiellement d’Internet. La censure des plateformes de partage de vidéos et des principaux sites de l’opposition en Tunisie et en exil a fait que cette information restait accessible uniquement aux Tunisiens habitants à l’étranger ou ceux en Tunisie qui avaient un proxy... et avaient envie d’aller sur ces sites. ( Nawaat, Réveil tunisien, Kalima...)

La révolte a renversé la donne sur Internet: en diffusant les vidéos sur Facebook, personne ne pouvait prétendre ne pas savoir! Alors qu’on pouvait jusqu’à présent aller tranquillement sur Internet en fermant les yeux sur ce qui se passait, le début de la révolte à Sidi Bouzid et les efforts des citoyens-journalistes sur place pour diffuser les vidéos, l’information est venue comme une claque pour les internautes tunisiens.

Une fois ce pallier franchi, une forme de conscience s’est créée! On ne peut plus dire qu’on ne sait pas… sur son compte Facebook non plus!

La révolution a poussé le Tunisien à assumer ses opinions sur internet

Quelque temps après le début des événements à Sidi Bouzid, des messages ont commencé à fleurir: beaucoup d’utilisateurs de Facebook commençaient à menacer leurs contacts de les supprimer s’ils partageaient du contenu autre que relatif à la révolution.

En plus, les Tunisiens étaient habitués à partager essentiellement du contenu télé léger (clips, matchs de foot,...), mais ceci apparaissait comme indécent, vu les martyrs et le contexte délicat.

On assistait alors à deux catégories d’utilisateurs: ceux qui partagent du contenu relatif à la révolution (photos, vidéos, status...) et ceux qui s’abstenaient.

La révolte a poussé les internautes tunisiens à assumer leurs opinions sur Internet sans crainte. Si la moitié de sa liste d’amis partageait des vidéos de Sidi Bouzid, pourquoi est-ce que lui ne le ferait pas?

La révolution a provoqué cette prise de conscience chez l’internaute tunisien. Il a changé sa manière de “consommer” Internet. Ce n’est plus un outil de travail ou de divertissement, c’est aussi un outil d’expression à tous les niveaux et de militantisme.

Une fois qu'on a atteint les limites de la diffusion d'information sur Facebook, le Tunisien est allé chercher ailleurs de nouvelles sources...

La révolution a poussé le Tunisien à découvrir Internet

Depuis deux ans, Internet en Tunisie se résumait à Facebook ou presque: Le seul site a réunir deux millions d’utilisateurs tunisiens, un phénomène social et source d’information.

La révolution a poussé le Tunisien a découvrir d’autres services sur Internet. Le cercle d’influence sur Facebook est restreint: il se limite à sa liste d’amis. Au mieux aux amis de ces derniers.

Sur Twitter, la notion d’ami n’existe pas: on peut suivre n’importe qui. Pour avoir un maximum d’informations, les Tunisiens se sont référés à Tnlabs.org, un aggrégateur d’utilisateurs de Twitter tunisiens. Ils avaient, grâce à ce site, les liens et les informations que partageaient les tunisiens.

Le nombre de Tunisiens s’en est ressenti. Même s’il reste très probablement inférieur à 10.000 personnes, il a été multiplié par 4 en deux semaines et ça continue de plus belle.

A titre d’indication, Twitter existe depuis 3 ans et il plafonnait en Tunisie à un peu plus qu’un millier de personnes.

Crédit photo : Purple Jail