A propos de l'auteur de ce blog

Mehdi Lamloum, bloggeur et Vidéobloggeur depuis 2005. Actuellement directeur de creation dans une agence de communication, base a Kuala Lumpur, Malaisie
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jeudi 28 avril 2011

Tunisie : Et si Facebook boostait le taux d’abstention?

Le lendemain de la révolution du 14 Janvier 2011, nombreux sont ceux qui ont essayé de la "qualifier". Après le nom "Jasmin", issu probablement du cerveau d'un intellectuel ne connaissant de la Tunisie que les clichés touristiques, c'est le terme "Internet" voire "Facebook" qu'on a tenté en vain d'imposer.

Internet et les réseaux sociaux ont été au mieux un accélérateur de révolution. D'ailleurs la révolution a fait beaucoup plus de bien à Internet en Tunisie que l'inverse.

Aujourd'hui et la veille des élections du 24 Juillet (Update: Depuis la publication de cet article, les élections ont été retardées au 23 Octobre), on peut se demander quel rôle pourrait avoir internet et les réseaux sociaux dans le déroulement de ces élections et leur impact sur l'issu finale...si jamais ils en ont un!

Facebook, Twitter plus MEDIAS que jamais


Un sondage réalisé par l’Institut de sondage et de traitement de l’information statistique (ISTIS), en partenariat avec Mayadine, plateforme de Market Research, a eu trait à plusieurs points concernant la vie politique et notamment les sources d'informations.

Le sondage fait ressortir les résultats suivants quand il s'agit des sources d'informations des tunisiens :
-Les chaînes de TV tunisiennes : 74,2%
- Les chaînes de TV étrangères : 67,4%
- Les chaînes de radio : 45,5%
- Internet (facebook, twitter, …) : 36,9%
- Les journaux et magasines tunisiens : 30,8%
- Journaux électroniques et sites d’actualité : 25,9%
- Les journaux et magasines étrangers : 15,4%

Les Social Media arrivent en troisième position derrière les médias audiovisuels, mais devant les journaux et magazines...y compris ceux en ligne.

Les partis politiques ont tous compris cela et se distinguent par une forte présence sur Facebook et Twitter pour beaucoup d'entre-eux. La liste des partis et de leurs pages Facebook/comptes Twitter s'allonge de jour en jour et leur activité est de plus en plus croissante...

Beaucoup (trop) de bruit?


Facebook et Twitter concentrent aujourd'hui beaucoup d'attention de la part des médias et des partis politiques qui y voient avant tout un formidable moyen de diffuser leur contenu.

L'utilisateur est aujourd'hui soumis à un flot immense de contenu politique venu de tout bords : Médias, blogs, partis politiques, associations, journalistes... et il est très difficile de consommer une part raisonnable de cette information et la digérer pour en retirer l'essentiel.

Ce bruit contribue justement à brouiller le message.
Les 60 et quelques partis tunisiens essayent par tous les moyens de se distinguer, n’ont souvent aucun programme et certainement aucune expérience de vraies élections.
Si on ajoute à cela les différentes “initiatives” prises comme celle de la citoyenneté et autres fronts de tout bord, l’électeur fini par être perdu dans tout ce flot de contenu et de messages.

La “gueguerre” politique que se mènent différents partis et parties contribue aussi à rajouter une couche à ce bruit. Il est évident que dans une élection, tous les coups ou presque sont permis, mais sur une période aussi courte, ça ne fait que diluer encore plus les messages les plus importants.

Et si Facebook boostait le taux d’abstention?


Et si les réseaux sociaux contribuaient à créer beaucoup plus de confusion dans l’esprit de l’électeur qu’à lui donner une vision claire de la scène politique?

Le raisonnement pourrait s’appliquer à de nombreux domaines. La réaction d’une personne face à une flot d’information tellement important qu’il en devient indigeste est souvent le rejet. C’est pour cela que la curation a toujours existé sur le web.

Dans le cas des élections de l’assemblée constituante en Tunisie, prévues pour le 23 Otobre, elles seront les premières élections libres de l’histoire de ce pays.
Des élections qui aujourd’hui ne passionnent pas les foules car ils ont du mal à en saisir l’importance. La faute à des partis politiques qui ne font pas l’effort de l’expliquer et qui sont trop occupés à trouver le bon discours et les bonnes positions pour amadouer l’opinion publique.

En rajoutant à cela une pauvreté affligeante du contenu des médias (beaucoup de sensationel, très peu d’analyse et des débats souvent stériles), et quand on voit l’importance qu’accorde les tunisiens aux informations trouvées sur Facebook/Twitter, on peut envisager que toute cette overdose d’information pourrait favoriser un taux d’abstention important...ce qui serait quand même triste...voire dangereux.

Crédit photos : Flickr 1, Flickr 2, Flickr 3