A propos de l'auteur de ce blog

Mehdi Lamloum, bloggeur et Vidéobloggeur depuis 2005. Actuellement directeur de creation dans une agence de communication, base a Kuala Lumpur, Malaisie
Les informations, opinions, réflexions, analyses, conneries, ne représentent que mon avis personnel et n'engagent en aucun cas celui de mon employeur ou de mes partenaires.

Pour me contacter, vous pouvez utiliser mon email me [at] mehdilamloum [dot] com

Contrat Creative Commons
Ce(tte) oeuvre de Mehdi Lamloum est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 3.0 Unported.

lundi 4 avril 2011

Un journaliste existe-il sans son média?


De nombreux journalistes tunisiens font preuve d’une activité débordante sur les réseaux sociaux. De manière générale, et vu la nature de leur métier, cette activité se matérialise concrètement par une publication d’informations, souvent exclusives, à l’attention de leur “cercle d’influence”.
Cette “activité” peut être considérée comme conflictuelle avec leur métier de journaliste dans certaines situations, surtout quand se mêlent leur métier et leur vie numérique.
Dans ce qui suit, un cas fort intéressant!

Olfa Riahi est journaliste à ExpressFM.
Voici une première publication sur son compte Facebook, où cette journaliste affirme qu’une tentative d'assassinat envers le premier ministre actuel a été déjouée.

Une deuxième où elle demande aux personnes qui ont repris l’information de ne pas citer son employeur ExpressFM comme source et de ne pas "confirmer à 100%" l'info car elle “aurait” utilisé le conditionnel.


Ceci est un excellent cas où vie professionnelle et personnelle se mêlent sur fond de problématique de e-réputation.

Deux remarques importantes:

- Elle ne peut reprocher aux personnes qui ont repris l’information de citer la radio car sa crédibilité comme source sur internet dépend intimement de son status de journaliste à ExpressFM . Si elle avait été plombier ou Masseuse, sa crédibilité comme source d’information chuterait de manière assez importante, je pense.

- Elle n’a pas utilisé le conditionel, sauf quand ça a concerné le nombre de tentatives d’assasinat. On peut donc présumer qu’une journaliste d’ExpressFM a affirmé qu’il y a eu au-moins une tentative d’assasinat du premier ministre.

Le deuxième status laisse d’ailleurs penser que le fait que cette information soit attribuée à ExpressFM n’ait pas été vu d’un très bon oeil.

La problématique de la e-réputation se pose de plus en plus aux journalistes tunisiens, vu la notoriété galopante qu'ils sont entrain de prendre grâce à la "libération" des médias et de l'importance d'internet dans leur communication.

Comment différencier entre la personne et le journaliste?
Les “lecteurs” n’ont pas à différencier les deux,
C’est au journaliste de se créer une identité numérique propre. Un compte Facebook ou Twitter ne suffit pas.
On devient journaliste en produisant du contenu dans un média. Si on produit du contenu sur internet et qu’on veut qu’il soit reconnu comme indépendant, il faut qu’il soit diffusé dans un cadre “differencié”. La solution du blogging me paraît idéale.

Journaliste et bloggeur sont deux “situations” différentes car un blog posséde son identité, sa ligne éditoriale, son contenu.... Journaliste et ‘facebookeur” ne le sont pas aux yeux des lecteurs car de toutes les manières, un journaliste a un compte Facebook et qu’un compte Facebook est le même pour tout le monde. C’est un peu comme une carte d’identité, tout le monde a la même...

En attendant que nos journalistes se mettent à construire une identité numérique, il faudrait juste qu’ils fassent un peu plus attention...


Crédit Photo : Paidcontent