A propos de l'auteur de ce blog

Mehdi Lamloum, bloggeur et Vidéobloggeur depuis 2005. Actuellement directeur de creation dans une agence de communication, base a Kuala Lumpur, Malaisie
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samedi 13 août 2011

La police peut-elle couper les réseaux mobiles?


Dans un précédent Post, nous avions repris la déclaration d'un ancien PDG de l'ATI qui affirmait que "Ben Ali aurait aurait coupé internet s'il avait su".
Une affirmation qui avait fait suite à l'époque à la coupure d'Internet en Egypt par Hosni Mubarak lors des derniers jours de son règne dans une tentative de limiter et freiner les mouvements de protestations.

Un événement semblable a eu lieu le 11/08 à San Francisco où les services de sécurité de la BART (Bay Area Rapid Transit) ont coupé les réseaux telecoms dans quelques stations et ce pour limiter l'impact des manifestations prévues pour protester contre la mort de Charles Hill, tué par la police de la BART.

Même si la BART a essayé de se justifier dans un communiqué expliquant les raisons de cette décision, l'événement a généré une immense polémique et un hastag sur Twitter #muBARTek qui fait le lien entre le dictateur égyptien et l'attitude la BART. Le groupe anonymous a d'ailleurs déjà mis en place l'opération #OpBART.




Avec la divulgation de la preuve de l'existence d'écoutes téléphoniques en Tunisie, on est en droit de se demander à quel point la police peut contrôler les services de telecoms et si elle peut par exemple couper les communications dans une situation où elle estime qu'il constitue une menace.

L'accès aux réseaux mobiles est un droit!

"Toute personne a le droit de bénéficier des services des télécommunications. Ce droit est constitué par :
- l'accès aux Services universels des télécommunications sur tout le territoire de la République Tunisienne ;
- le bénéfice des autres services de télécommunications selon la zone de couverture de chaque service ;
- la liberté de choix du fournisseur des services de télécommunications, selon la zone de couverture de chaque service ;
- l'égalité d'accès aux services de télécommunications ;
- l'accès aux informations de base relatives aux conditions de fourniture des services de télécommunications et de leur tarification"
Les "services universels" dont parle l'article 3 sont défini par l'article 2 du même code comme " les services des télécommunications minima à fournir obligatoirement au public en fonction de l'évolution technologique dans le domaine"
A priori et vu l'évolution technologique constatée en Tunisie au jour d'aujourd'hui, chaque citoyen a le droit d'émettre et recevoir des appels voix, des SMS et l'accès à l'internet mobile EDGE au minimum, tant que l'infrastructure le permet.

La seule limite à ce droit est celle de respecter les règlements en vigueur relatifs au raccordement aux réseaux publics des télécommunications, selon l'article 4 du code.

Donc, et d'après le texte, et à tant que l'utilisation du réseau n'est pas faire en contravention aux règlements de raccordement aux réseaux (comme le fait de les pirater par exemple), rien ne justifie de priver un citoyen de ce droit.

crédit photo : Gaude J-M