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Mehdi Lamloum, bloggeur et Vidéobloggeur depuis 2005. Actuellement directeur de creation dans une agence de communication, base a Kuala Lumpur, Malaisie
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mardi 30 août 2011

Politiques vs Médias : On ne me dit pas non, on me dit combien?


De tous les partis post-14 Janvier, s’il y en a un qui a fait une entrée fracassante dans la scène politique, c’est bien l’Union Patriotique Libre de Slim Riahi.

Si Afek Tounes avait généré beaucoup de buzz grâce à une belle brochette d’hommes d’affaires clamant un libéralisme sans complexe, l’UPL n’a pas eu besoin de faire de politique pour se distinguer sur la scène politique: Il a juste envahi tout ce qui se fait comme supports et média.
Télé, radio, affichage, print, internet : tous les médias ont été mis à contribution.

Ces ras-de-marée a engendré une grosse polémique et a semble-t-il accéléré ce qu’on a présenté dans une premier temps comme une interdiction de la publicité politique pour ensuite envisager une limitation de celle-ci sans l’interdire.

La problématique de la publicité et la politique a focalisé l’attention. L’argument qui revenait fût que la première “souillait” la deuxième. Un argument qui peut tenir si on considère que au-delà des coups bas, de la diffamation, de la corruption...la politique est un domaine “propre” et “éthique”.

La question qui vaut la peine d’être posée est celle du rapport entre un parti politique et les médias qui reçoivent, directement ou via des agences médias, des chèques de sa part.

On ne me dis pas non, on me dis combien?


La formule est du célèbre personnage de Gad Elmaleh dans sa pièce “La vie normale”, Coco, un riche homme d’affaire qui voulait “fériériser” le lundi.
Les médias tunisiens peuvent-ils se permettre de dire non à un parti politique prêt à acheter des espaces publicitaires?

Les médias tunisiens dans leur ensemble ont un seul et unique business model : la publicité.
Même certains journaux et publications qui se targuent d’avoir un lectorat fidèle et par conséquent une grande diffusion et des ventes intéressantes ne peuvent se passer de la publicité.
D’autre part et vu la multiplication des médias depuis le 14 janvier, essentiellement papier et Internet, la concurrence s’est accrue. Et quand on sait ce que coûte l’impression d’un journal ou la publication d’une vingtaine d’articles de qualité pour un site d’actualité, faire la fine bouche devant un annonceur n’est pas vraiment une option envisageable.

Gros danger sur la démocratie ou simple loi du marché ?

Le cas de l’UPL de Slim Riahi est intéressant sur un point : il a prouvé qu’un parti pouvait émerger au milieu des cent et quelques créés en 8 mois en Tunisie.
La solution est simple : un gros matraquage publicitaire et une présence massive sur tous les supports.
Avec pour seul crédo et programme de tout faire tout de suite ( le fameux Tawa) l’UPL a réussi à faire parler de lui beaucoup plus que la majorité des partis, sauf les plus grands et anciens.

Penser que cela fait partie du jeu serait insensé et surtout un gros danger sur la démocratie.
Dans un pays où les médias ne sont pas indépendants financièrement des caprices de leurs annonceurs, permettre à un parti politique d’investir à un point tel les médias est un danger de manipulation certain et risque de réduire à terme le champs politique à un combat entre les partis les plus riches.
Déjà que le journalisme d’investigation n’existe pas, biaiser le traitement de l’actualité ferai perdre toute crédibilité aux médias.

D’un autre coté, aller jusqu’à l’interdiction pure et simple de la publicité politique serait aussi exagéré et risquerait de priver les médias d’une source de financement nécessaire et réduirait le champs de rayonnement des partis politiques.

update: L´ISIE a décidé d´interdire la publicité politique à partir du 12 septembre

La solution aurait pu etre de réglementer la publicité politique en donnant à une instance le pouvoir de :
- d’allouer une part du budget accordé pour les élections à la publicité sur les divers médias au prorata de la participation des partis (nombre de listes engagées par exemple)
- d’accorder cet espace au moyen d’un tirage au sort entre les différents partis
- permettre aux partis d'acquérir eux-même de l’espace médias mais en limitant le volume par média, de manière égale pour tous les partis.
- en obligeant les médias à accorder de manière équitable et transparente la même visibilité aux partis qui en émettent le souhait.
- en obligeant les médias à publier de manière transparente le volume et les prix pratiqués pour les partis en prouvant que ce sont les mêmes.