A propos de l'auteur de ce blog

Mehdi Lamloum, bloggeur et Vidéobloggeur depuis 2005. Actuellement directeur de creation dans une agence de communication, base a Kuala Lumpur, Malaisie
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mercredi 23 février 2011

One Shot, un projet vidéo éphémère!


One Shot est un projet vidéo éphémère que j'ai lancé aujourd'hui.

Il s'agit d'une série d'interviews, courtes, avec des personnalités politique, du monde des médias et de la société civile. La série ne dépassera probablement pas la douzaine. (j'ai dis probablement hein...)

A priori, il y aura une nouvelle vidéo chaque Lundi/Mercredi/Vendredi pendant 1 mois (j'ai dis "A priori"...)

Le projet s'appelle One Shot car :

- Il est éphémere et s'arrêtera dans un mois
- Chaque interview comportera une seule et unique question.

Vous pouvez suivre les interviews sur Facebook : Facebook.com/Oneshot3000
ps : le 3000 est un hommage à @oizo3000

lundi 14 février 2011

La mutation nécessaire des TV tunisiennes


Disclaimer: Article publié dans La Presse Magazine dans son édition du Dimanche 14 Février 2011. Il reprend dans sa dernière partie un précédent post "Tunisie 21" est une chaîne qui ne sert à rien. Pourquoi ne pas en faire une Chaîne politique?

Le paysage médiatique en Tunisie comporte actuellement quatre chaînes, dont deux sont étatiques. Même à l’échelle d’un pays comme la Tunisie, ça reste “pauvre”.

Les autorisations données de manière exceptionelle, le manque de diversité, l’existence d’une chaîne fantôme (alias Tunisie 21) et le blackout médiatique ont fait que les tunisiens n’aient plus confiance et se tournent vers les chaînes satellitaires arabes essentiellement.
Pour créer un paysage audivisuel en Tunisie, certaines mesures s’imposent.

Plus de télévisions, plus de diversité

Sous Ben Ali, les autorisations pour ouvrir une chaîne de télé n’était pas donnée au compte-goutte...elles l’étaient de manière exceptionnelle. Sinon comment expliquer l’existence d’uniquement deux chaînes privées.
Aujourd’hui, il est important d’ouvrir la possibilité devant les entrepreneurs de lancer leur propre chaîne de télévision. Peut-être quand dans un premier temps, la diffusion via le réseau terrestre risque de poser problème. La diffusion via les satellites est une excellente alternative, il n’y qu’à voir NessmaTV.
Plus de chaînes TV, signifie plus de diversité forcément car chaque nouvelle chaîne devra apporter un plus et une différenciation dans sa ligne éditoriale, dans son approche pour ésperer se distinguer par rapport l’existant.
Les deux “réflexions” qui peuvent se poser, héritée d’un temps que nous espérons ancien, sont celles de “On ne peut ouvrir la porte devant n’importe qui pour ouvrir une TV” et celle de “N’aura-t-ont pas trop de Tv pour un pays de 10M d’habitants?”
A la deuxième la réponse est évidente: il n’y a jamais trop trop d’avis ou trop d’opinions. Plus l’espace de parole est libre, mieux on se porte.
A la première, la réponse est tout aussi simple : Il n’est pas à la portée de n’importe qui de lancer une chaîne de télévision. Ca demande un investissement de taille et un flux financier important avant une rentabilité qui ne peut être espérée avant 5 ans. Seuls les grands groupes, soutenu par des entités financières ont les moyens de se lancer dans pareilles entreprises.
Après, des garanties raisonnables vu la taille de l’investissement peuvent être imposées aux prétendants.

Passer d’une TV étatique ou gouvernementale à TV de service public

La nuance est importante.
Jusqu’au jour d’aujourd’hui, nous avions une télé gouvernementale, à comprendre une télé qui est aux ordres du gouvernement et qui lui sert de haut parleur.
Nous devons reformer cette télévision nationale pour en faire une télévision, qui bien que relevant de l’état, ne serve pas spécialement l’état ou le gouvernement (car ils sont toujours confondus) mais ses premiers actionnaires : le peuple tunisien.
Ceci passe par :
. Un investissement primordial sur la production d’émissions à vocation culturelle,
. Une promotion des productions tunisiennes avant tout,
. Une diversification des types de productions
Cette chaîne de service public ne devrait plus sacrifier la qualité, sur le plan du fond et de la forme, des productions sur l’autel de la rentabilité.
Vu qu’elle possède des rentrées d’argent fixe (Pub, Redevances, subventions..) cette télévision devra concrètement donner moins de place (voire pas de place) aux productions de TV poubelle type Endemol pour privilégier des productions plus intéressantes intellectuellement.
Oui la Trash TV rapporte plus mais une chaîne d’intérêt public n’a pas forcément vocation à être rentable au-delà du raisonnable.

Pourquoi pas une chaîne politique?

La Tunisie a eu deux dictateurs depuis son indépendance, l'un "éclairé" et l'autre "autoritaire" selon les formules consacrées. Le résultat du règne des deux est implacables: un pays qui n'a aucune culture politique, sauf celle du silence au mieux, des applaudissements au pire.

Nous avons donc besoin pour préparer au mieux l'échéance des prochaines élections présidentielles d'un maximum d'informations pour aider le peuple a faire son choix, dans les meilleures conditions possibles. Tout cela passera forcément par l'activité des partis politiques, des associations et divers organismes mais le rôle des médias est important.

Seulement, l'effort à fournir est considérable et les télévisions de la place ne peuvent à elles seules satisfaire la demande pour deux raisons essentielles :
  • Nos chaînes ont besoin de financement, qui n'arrivera que par la pub. Seulement les émissions politiques, même si elles arrivent à drainer une grande audience, n'ont pas les faveurs des annonceurs. Sans aller jusqu'à reprendre la formule de Patrick Le Lay concernant le "temps de cerveau humain disponible", c'est l'entertainment qui permet aux télévision de vendre de la pub et de gagner de l'argent pour investir dans la production d'autres formats, parfois moins rentables mais plus intéressants comme les émissions politiques.
  • Avec la disparition du Ministère de la communication, il y a de fortes de chances que la répartition du temps d'antenne des différents partis politiques soit très inégal, voir non réglementé. Les différentes télés ne peuvent s'assurer entre elle d'une certaine équité, ce qui risque de poser beaucoup de problèmes dans le contexte actuel.
Tunisie 21 serait donc la candidate idéale pour devenir la première télévision 100% politique et ce pour une raison très simple : C'est une chaîne qui ne sert à rien du tout.
Elle bénéficie d'une diffusion sur le réseau terrestre, qui permet une couverture nationale, pour une programmation qui hors ramadan et foot n'intéresse personne.

Sans vouloir trop me précipiter, une telle aventure risque de ravir le personnel de la chaîne Tunisie 21 qui pourra pour la première fois, travailler dans une vraie télévision.

Crédit Photo : ccharmon / andrew harrer

vendredi 4 février 2011

Le Tunisien est-il vraiment parano ?


En Janvier 1988, Om Zied, dans un article entré dans l’histoire, disait en détournant les mots d’Ibn Khaldun que “le tunisien applaudissait par nature”. Peut-être que si on devait décrire le tunisien en ce moment, on serait tenté de dire qu’il est paranoïaque par nature.

Morts, blessés, vrai-faux kidnappping, faux-vrai meurtres, théories du complots... un mélange d’infos et d’intox se bouscule sur le web depuis quelques semaines et trouve échos chez les tunisiens.
Le contexte actuel y est pour quelque chose (changement de régime, instabilité, insécurité...) mais est-ce que les raisons ne sont pas plus profondes?

“On nous ment, on ne nous dit pas tout” ou l’absence de crédibilité des médias.

Les tunisiens ont une attitude claire vis-à-vis les médias: peu de respect et aucune crédibilité accordée.
La chape de plomb qui a pesé depuis 23 ans sur les médias tunisiens, ne leur permettant à aucun moment de faire correctement leur travail d’analyse et d’information et les obligeant à verser quotidiennement dans la désinformation et la propagande, a fini par leur donner l’image d’éternels manipulateurs.

Même si certains médias s’en sortent plus ou moins correctement à l’instar de Mosaïque FM (infos sportives et culturelles pertinentes) et HannibalTV (en versant dans un populisme que visiblement rien ne peut arrêter), ça se limite à certaines thématiques. Le crédit qu’on leur accord n’allait pas plus loin que ça!
Le manque de crédibilité est arrivé au point que les tunisiens doutent ouvertement même des prévisions météorologiques.
Même l’arrivée de ShemsFm et ExpressFM ont eues du mal à changer ce doute constant.


Le départ de Ben Ali a permis de voir les médias tunisiens sous un autre jour : toujours aussi confus certes mais plus libres et entreprenant.
Seulement, le manque d’informations dont disposaient les médias durant la période écoulée a fait qu’il y a eu des ratés et une certaine cacophonie.
Forcément, la peur de voir la désinformation organisée reprendre ses droits à laquelle on ajoute un zeste de théorie du complot, aboutissent à la naissance des prémices d’une paranoïa générale.

Au même moment, apparaissaient les Citoyens Journalistes de tout bords. Même si les journalistes leur contesteront ce patronyme (à juste titre d’ailleurs) il n’en reste pas moins, que le manque de foi des tunisiens en leurs médias les a poussé à chercher l’information ailleurs.

In Facebook we trust...même si c’est à moitié!


2 millions de tunisiens, soit 20 % de la population tunisienne, possèdent un compte Facebook. Ça en fait un média puissant, surtout qu’il diffuse 24h/24
Les tunisiens sont allé chercher l’information sur internet tout en sachant que la source n’était jamais clairement identifiée.

Quelques fois, c’était Aljazerra ..qui elle-même avait repris des “infos” sur facebook. D’autres fois aucune source mentionnée, juste “un haut responsable”, “une personne sur place”.

A partir du moment que les médias n’ont plus aucune crédibilité et que AlJazeera va chercher ses news sur le net en les mettant au conditionnel, le tunisien se sent presque obligé de s’informer sur Facebook et Twitter.

Même si tout le monde semble se méfier de ces informations qui tombent visiblement de nulle part ou de “sources sûres”, il n’en est pas moins qu’ils la partagent!
La preuve, une capture d’écran assez surréaliste!


Pourquoi est-ce qu’ils partagent une information sans être sûr de sa véracité, et risquent de semer la peur dans l’esprit des gens?

Deux points peuvent donner un début d'explication :

1/ L’abondance d’information est une situation nouvelle pour le tunisien. Alors que d’habitude, on avait une news intéressante par semaine, pendant deux semaines, il en tombait une par minute.
A partir de là, et malgré le passage d’un état de rareté à un état d’abondance, le réflexe est demeuré le même: Partager, parce que c’est intéressant! Multipliez ça par 2 millions, et une rumeur deviendra une vérité absolue.

2/ Internet est le premier espace de “conversation nombriliste” : On aime bien discuter avec les gens mais on aime bien aussi avoir le dessus en sortant l’info le premier dans son cercle d’influence (à comprendre ses amis sur facebook) Donc, quand on tombe sur une histoire même à moitié plausible, ça flatte de voir une discussion se déclencher sur son mur.

Tout ça finira par se calmer si...

> Les médias commencent à jouer leur rôle en informant le plus rapidement possible et en apportant un oeil critique à l'information.

> Le gouvernement organise sa communication via des points de presse quotidiens.

Crédit photo: eddiemalone sur Flickr et Ideagrove

Tunisie : Une révolution qui accouche d'un Internaute nouveau!


NDLR: Cet article a été publié précédemment sur Webmanagercenter.com, le 2 Février 2011.

Si “la révolte du Jasmin” fut un raccourci facile, la “révolution Internet” l'a été encore plus.
La révolution tunisienne ne s’est pas faite grâce à Internet même si les réseaux sociaux ont contribué à diffuser efficacement l’information vers les citoyens et les médias étrangers. Internet n’a pas fondamentalement modelé la révolution tunisienne...mais l’inverse est vrai!

La révolution a changé à jamais le rapport du Tunisien à Internet et à plus d’un égard.

La révolution a modifié notre rapport à Internet: L’information est venue à nous...malgré nous!

L’information concernant les abus de l’ancien régime arrivait essentiellement d’Internet. La censure des plateformes de partage de vidéos et des principaux sites de l’opposition en Tunisie et en exil a fait que cette information restait accessible uniquement aux Tunisiens habitants à l’étranger ou ceux en Tunisie qui avaient un proxy... et avaient envie d’aller sur ces sites. ( Nawaat, Réveil tunisien, Kalima...)

La révolte a renversé la donne sur Internet: en diffusant les vidéos sur Facebook, personne ne pouvait prétendre ne pas savoir! Alors qu’on pouvait jusqu’à présent aller tranquillement sur Internet en fermant les yeux sur ce qui se passait, le début de la révolte à Sidi Bouzid et les efforts des citoyens-journalistes sur place pour diffuser les vidéos, l’information est venue comme une claque pour les internautes tunisiens.

Une fois ce pallier franchi, une forme de conscience s’est créée! On ne peut plus dire qu’on ne sait pas… sur son compte Facebook non plus!

La révolution a poussé le Tunisien à assumer ses opinions sur internet

Quelque temps après le début des événements à Sidi Bouzid, des messages ont commencé à fleurir: beaucoup d’utilisateurs de Facebook commençaient à menacer leurs contacts de les supprimer s’ils partageaient du contenu autre que relatif à la révolution.

En plus, les Tunisiens étaient habitués à partager essentiellement du contenu télé léger (clips, matchs de foot,...), mais ceci apparaissait comme indécent, vu les martyrs et le contexte délicat.

On assistait alors à deux catégories d’utilisateurs: ceux qui partagent du contenu relatif à la révolution (photos, vidéos, status...) et ceux qui s’abstenaient.

La révolte a poussé les internautes tunisiens à assumer leurs opinions sur Internet sans crainte. Si la moitié de sa liste d’amis partageait des vidéos de Sidi Bouzid, pourquoi est-ce que lui ne le ferait pas?

La révolution a provoqué cette prise de conscience chez l’internaute tunisien. Il a changé sa manière de “consommer” Internet. Ce n’est plus un outil de travail ou de divertissement, c’est aussi un outil d’expression à tous les niveaux et de militantisme.

Une fois qu'on a atteint les limites de la diffusion d'information sur Facebook, le Tunisien est allé chercher ailleurs de nouvelles sources...

La révolution a poussé le Tunisien à découvrir Internet

Depuis deux ans, Internet en Tunisie se résumait à Facebook ou presque: Le seul site a réunir deux millions d’utilisateurs tunisiens, un phénomène social et source d’information.

La révolution a poussé le Tunisien a découvrir d’autres services sur Internet. Le cercle d’influence sur Facebook est restreint: il se limite à sa liste d’amis. Au mieux aux amis de ces derniers.

Sur Twitter, la notion d’ami n’existe pas: on peut suivre n’importe qui. Pour avoir un maximum d’informations, les Tunisiens se sont référés à Tnlabs.org, un aggrégateur d’utilisateurs de Twitter tunisiens. Ils avaient, grâce à ce site, les liens et les informations que partageaient les tunisiens.

Le nombre de Tunisiens s’en est ressenti. Même s’il reste très probablement inférieur à 10.000 personnes, il a été multiplié par 4 en deux semaines et ça continue de plus belle.

A titre d’indication, Twitter existe depuis 3 ans et il plafonnait en Tunisie à un peu plus qu’un millier de personnes.

Crédit photo : Purple Jail

jeudi 3 février 2011

Tunisie: guérilla politique par SMS?


Je viens de recevoir un SMS d'un numéro masqué dont le message est disponible sur la photo ci-dessus.
Le SMS parle clairement de la Deuxième république à laquelle appelle Tarak Mekki. Mais l'appel est d'une bêtise sans fin...et la méthode est agressive et les fautes d'orthographe nombreuses!
Est-ce l'ancien exilé au Canada qui m'a envoyé cet SMS? Ou est-ce un complot contre lui?