A propos de l'auteur de ce blog

Mehdi Lamloum, bloggeur et Vidéobloggeur depuis 2005. Actuellement directeur de creation dans une agence de communication, base a Kuala Lumpur, Malaisie
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vendredi 27 mai 2011

Elyes Jouini, ex-ministre, assure le live du G8 sur Facebook


Elyes Jouini, l'ex-ministre qui a démissionné du gouvernement, assure le live du G8 sur son profil Facebook.
Malgré son départ du gouvernement, il semble très motivé et enthousiaste. Fera-t-il un Vcast avec #BCE?

Vous pouvez le suivre sur son profil Facebook






mardi 24 mai 2011

"Les jeunes de Facebook" et les autres ?


"Les jeunes de Facebook" ou "Le peuple du Facebook" sont des expressions qui sont presque liées aux révolutions tunisienne, égyptienne et le reste des révolution arabe. Ci-dessous une vidéo très intéressante des fameux "baltagia" (vandales) en Egypte de retour de "mission" et qui parlent des "Jeunes de Facebook".

Des expressions qu'on utilise souvent pour désigner le comportement d'un groupe de personnes sur Facebook. Ces expressions induisent presque que ces personnes n'existent que sur Facebook et non IRL.

Avant la manif du 22 Mai 2010, en discutant avec Slim Amamou il m'expliquait qu'elle devait se faire pour expliquer que nous ne sommes pas des êtres virtuels, que nous existons vraiment.

On entend encore ce type d'expressions dans nos médias, de la bouche de journalistes ou d'hommes politiques, comme s'ils distinguaient entre les gens qu'ils rencontrent physiquement et les utilisateurs de Facebook.

Il serait peut être temps qu'ils comprennent que les réseaux sociaux ne sont que des outils de communication...et que si "Le peuple de Facebook" avait accès aux TV, radios, journaux et autres médias, il ne se gênerait pas ...


lundi 16 mai 2011

Police : Souriez, vous êtes filmés!


“Pour une police démocratique” est le titre d’un séminaire organisé par la FIDH Lundi 16 Mai. Une initiative très intéressante de la part de la FIDH car aujourd'hui plus que jamais nous avons besoin de dialogue entre les différentes composantes de la société.

Le sujet tombe à pic aussi car il arrive à un moment où la police tunisienne est décriée à cause des incidents du 6 Mai dernier. Les premières réactions du Ministère de l’intérieur avait été de présenter des excuses aux journalistes...et uniquement à eux. Chose qui m’avait laissé penser que les citoyens journalistes étaient tabassables à souhait.
Aujourd’hui, le ministère de l’intérieur est en apparence dans une logique de dialogue...

Une mutation qui prendra du temps...
Selon Gnet.tn, le séminaire du FIDH a vu l’intervention de deux représentants du corps des forces de l’ordre.

Taoufik Dimassi, directeur général de la Sureté nationale, est intervenu lors de ce séminaire pour insister sur la nouvelle orientation dans la formation des agents de l’ordre en déclarant vouloir “intégrer la notion des droits de l’homme dans la formation de nos agents”

Il a aussi déclaré “Nous voulons instaurer une nouvelle loi qui stipule que tous les agents portent un uniforme, jusqu’au corps des commandements. Mais cela prendra du temps. Pendant 23 ans, la police se comportait d’une certaine manière, il faut du temps que les choses changent. Il faut qu’il y ait amendement des statuts généraux des forces de sécurité intérieure »

Adel Arfaoui, cadre au ministère de l'intérieur et défendeur du syndicat, a de son coté insisté selon Gnet.tn sur le fait que réclamer des procès pourrait créer des tensions et qu’il vaudrait mieux envisager une phase de réconciliation nationale à condition que les personnes coupables reconnaissent les faits et divulguent toute la vérité.

Des déclarations qui, même si elles n’engagent que leur auteurs, ne laisse pas présager une mutation rapide des forces de l’ordre malgré leur bonne volonté.

Et si Internet aidait la police à changer? Le phénomène Copwatch!

Les événements du 6 Mai 2011 ont été relayés essentiellement sur les réseaux sociaux.
Les premières photos et vidéos, souvent transmises par des citoyens journalistes ont alerté sur les abus constatés à l’encontre des journalistes notamment et que le ministère de l’intérieur a lui-même reconnu dans un communiqué. Ces photos et vidéos relèvent du Copwatch.

Le phénomène du Copwatch est né à Berkley aux USA au début des années 90 dans cette logique : des citoyens qui filment les interventions policières pour éviter justement les bavures...et les diffuser sur Internet au cas où il y en aurait une.

Le but de Copwatch est non seulement de mettre la pression sur les policiers qui seraient tentés de faire de l’excès mais aussi d’aider les citoyens à connaître leur droits et leurs obligations.
Historiquement, le cas de copwatch le plus connu fût certainement celui de George Holliday qui a filmé Rodney King en 1992 se faire tabasser par des policiers à Los Angeles.

Les photos publiées sur Facebook et les vidéos publiées sur Youtube ont été la principale source de temoignages sur ce qui s’est passé lors des affrontements entre force de l’ordre et manifestants le 6 Mai.
Ces temoignages, dont certains à charge contre les manifestants d’ailleurs, sont peut-être une manière d’éviter les dérapages et les bavures, toujours possibles en situation de tension. D'ailleurs, même dans une logique de réconciliation nationale, il est important pour faire table rase du passé de ne pas revoir les mêmes pratiques se répéter.

A-t-on le droit de filmer un policier?


La question n'est pas simple et dépend des législations des pays.
Aux Etats-Unis, elle dépend souvent de l'état où on se trouve.
Si dans la majorité des états, il est possible de filmer un policier dans l'exercice de ses fonctions en vertu du droit à l'information garanti par la constitution, dans certains états comme la Floride la situation est moins simple.
Une loi de l'état de Floride exige le consentement de deux personnes pour qu'on puisse filmer quiconque. Une loi que les policiers utilisent souvent pour empêcher qu'on les filme.

Slate.fr a consacré un long article au sujet très justement titré "Peut-on filmer un policier?" et on en ressort avec une conclusion toute simple : Il existe un flou juridique et pas vraiment de jurisprudence. Le seul texte clair est un arrêté du 27 juin 2008 qui spécifie qu’il faut respecter l'anonymat des policiers chargés de la lutte antiterroriste, de la brigade de recherche et d'intervention criminelle, de la brigade de recherches et d'investigations financières ou encore du RAID.

En Tunisie, et l’en absence de texte ou de jurisprudence, la situation est aussi floue mais les derniers événements ont vraisemblablement changé quelque chose.
Le témoignage du citoyen journaliste Slim Ayedi est intéressant puisqu'il démontre une certaine flexibilité des forces de l’ordre qui se sont montré enclin à accepter qu’on les filme tant qu’on en demande l’autorisation. Il a d'ailleurs pu filmer les manifestations du 7 Mai dernier simplement en allant le demander au représentant des forces de l’ordre qui lui ont simplement demandé de rester derrière leurs lignes.


Crédit photos : Big Picture / FIDH / RedPepper

    mardi 10 mai 2011

    Tunisie : La Justice militaire peut-elle censurer?

    Disclaimer: Je ne suis pas juriste (même si j'ai fais pas mal de droit commercial et Fiscal)
    Ce qui suit est un simple travail de recherche à titre informatif et ne comportant aucune analyse critique ou développement juridique...car je n'en ai pas les capacités. Je serai ravi de voir un Avocat-bloggeur, comme Maître Kais Berrejab prendre la relève pour plus d'analyse.


    Plusieurs pages Facebook ont été censurées des dernières semaines en Tunisie comme le rapporte le site Maliss. En essayant d'accéder à ces pages, on tombe sur le message suivant :

    Deux informations sont intéressantes à relever à ce niveau :

    - La première c'est celle que désormais, c'est l'ATI, officiellement qui procède au blocage de l'accès à des sites. Contrairement à l'avant 14 Janvier, où le PDG de l'ATI avançait qu'ils avaient les moyens techniques mais qu'ils n'avaient pas la main sur la censure, il est désormais clair que c'est l'ATI qui procède au blocage.

    - La deuxième est que la décision de blocage provient de la justice, même si dans le cas présent, il s'agit d'une réquisition du juge d'instruction auprès du Tribunal Militaire Permanent de Tunis.

    UPDATE: L'Agence Tunisienne de l'Internet a mis en ligne une page Filtrage.Ati.Tn où elle liste les sites bloqués ainsi que la raison et le numéro du dossier. Bel effort de transparence de la part de l'ATI.

    Selon le message, c'est le juge d'instruction auprès du Tribunal Militaire Permanent de Tunis qui a pris cette décision.
    Le code de justice Militaire en Tunisie a été publié au journal officiel en date du 10 Janvier 1957 et est disponible sur le site du Centre National Universitaire de Documentation Scientifique et Technique (en pdf, en arabe et français)

    L'article 5 du Code de Justice Militaire traite de la compétence d'attribution (latin: ratione materiae) qui est selon wikipedia celle "qui énonce que telle matière relève du domaine de tel tribunal"

    Il énonce que :
    "Les juridictions militaires connaissent:
    1° Des infractions d'ordre militaire prévues au Titre II du présent code.
    2° Des infractions commises à l'intérieur des casernes, des camps, des établissements et des lieux occupés par les militaires pour les besoins de l'Armée ou de la force armée.
    3° Des infractions commises directement au préjudice de l'Armée;
    4° Des infractions que les tribunaux militaires peuvent être amenés à connaître en vertu de lois et règlements spéciaux;
    .... "
    Ci-dessous, une capture d'écran de l'article dans ces deux versions et française et arabe


    Une explication possible pour la censure de ces pages serait que le juge d'instruction ait considéré qu'elles aient commis des infractions constituant un préjudice à l'encontre de l'Armée.
    Même si rien ne l'y oblige, une motivation des raisons de cette censure par le juge d'instruction contribuerai à consolider la Transparence qu'on espère dans la Tunisie du post-14 Janvier.

    samedi 7 mai 2011

    Tunisie : Citoyens journalistes tabassables à volonté ?

    Les manifestations du 6 Mai 2011 à Tunis ont mis en avant une composante inédite par sa violence: les agressions policières sur les journalistes. Certains ont été même poursuivis à l'intérieur du siège du journal LaPresse.

    La vidéo ci-dessous, publiée par Webdo.tn, le montre clairement.



    Le ministère de l'intérieur s'est, dans une première, excusé pour les agressions nombreuses commises sur les journalistes, dans un communiqué publié sur leur page Facebook. Le syndicat des forces de sécurité intérieures a fait de même .

    Le porte parole du Ministère de l'intérieur est intervenu au 20H de la Télévision Nationale , pour entre-autre, expliquer que dorénavant dans les manifestations, les journalistes devront porter des "dossards" pour les distinguer et ne pas les agresser.

    Un flic, ça n’aime pas forcément qu’on le filme....

    La relation entre journalistes et policiers lors des manifestations sont souvent compliquées.
    Les premiers ayant pour rôle de rapporter ce qu’ils voient. Les deuxièmes ne préférant pas être filmés au cas où ils franchiraient les lignes rouges...ce qui arrive souvent.

    Pour exemple, le cas de Thierry Vincent un journaliste de Canal+, s’est retrouvé agressé par des policiers dans une manifestation alors qu’il brandissait sa carte de journaliste.




    Si comme l’a proposé le porte-parole du ministère de l’intérieur, les journalistes pourront porter des “signes distinctifs” qui pourraient (le conditionnel est de rigueur) leur éviter de recevoir des coups de matraques, qu’en est-il des autres formes de journalisme?

    Citoyens journalistes “tabassables” à souhait?


    Par autres formes, on vise les bloggeurs, les Citoyens journalistes, les journalistes des e-médias qui ne possèdent pas encore de carte de presse...

    Il est clair que toutes ces personnes n’ont aucun droit. Tant qu’ils seront présents sur les lieux d’une manifestation, ils seront considérés comme des manifestants.

    Effectuer un tournage en Tunisie nécessite une autorisation de tournage. Peu importe le matériel, l’effectif, tant que ça tourne, c’est un tournage...même si c’est via un mobile. D’ailleurs la suppression de cette autorisation préalable est l’une des principales revendications d’une pétition pour la réforme du cinéma tunisien.

    La France donne un (très) mauvais exemple avec sa loi de prévention de la délinquance de 2007 qui prévoit dans son article 26 Bis:

    « Art. 222-43-2.Est constitutif d’un acte de complicité des atteintes volontaires à l’intégrité de la personne prévues par les articles 222-1 à 222-14-1 et 222-23 à 222-31 et est puni des peines prévues par ces articles le fait d’enregistrer sciemment par quelque moyen que ce soit, sur tout support que ce soit, des images relatives à la commission de ces infractions.

    « Le fait de diffuser l’enregistrement de telles images est puni de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende.

    « Le présent article n’est pas applicable lorsque l’enregistrement ou la diffusion résulte de l’exercice normal d’une profession ayant pour objet d’informer le public ou est réalisé afin de servir de preuve en justice. »


    Cette disposition se veut comme rempart contre le Happy Slapping : une pratique qui consiste à filmer l’agression d’une personne avec un mobile ou autre et sa diffusion.
    La loi prévoit une exception quand c’est un journaliste professionnel qui le fait...pas un citoyen journaliste.


    Aux US, et dans un état comme la Floride, la situation n’est pas meilleure.
    Même si les policiers, vu qu’ils agissent sur la voie publique, peuvent être considérés comme des personnages publics qu’on peut filmer sans autorisation, il réside une loi en Floride ainsi que dans quelques autres états qui exige le consentement mutuel des deux parties d’un enregistrement.

    Souvent les policiers se cachent derrière cette loi pour éviter qu’on les filme. Selon Randall Marshall, de l’American Civil Liberties Union “It really is a perversion of this statute to try to apply it to filming or recording what public officials are doing in public”

    L’histoire de Robert Hammonds et Brent Bredwell est intéressante à ce propos : celle de deux amis qui en terminant de filmer une soirée d’un DJ se sont retrouvés face à des policiers qui les ont agressés. En tentant de filmer la scène, leur matériel a été confisqué et ils n’ont jamais pu le récupérer.
    Depuis, ils se sont donné comme mission de traquer les violences policières et de les filmer.

    Citoyens Journalistes, nous avons besoin de vous!

    Un citoyen journaliste ne bénéficie d’aucune protection légale, de surcroît en Tunisie où il n’existe aucune législation.
    La seule protection possible est celle de la prudence et de la vigilance...et le fait de savoir que dans un contexte où les médias sont soit corrompus soit pas totalement libre, le Citoyen Journaliste peut apporter la version de l’information la plus pertinente.

    Crédit photos : Miami News Times et cybersoc.com

    Le Buzz du silence de #BCE


    Les événements du 7 Mai au centre-ville de Tunis, bien que repris par tous les médias, n'ont provoqué aucune réaction officielle du chef du gouvernement tunisien, Beji Caïd Essebsi...ce qui a donné le buzz du jour.

    Tout a commencé par un tweet de @AchourMoez à 18h

    Le lien était un mp3 d'un ronflement, insinuant que c'était la seule réaction de Beji Caid Essebsi.
    Tout de suite après il a été partagé sur Facebook et cliqué plus de 1400 fois en trois heures .
    Ca ne s'est pas arrêté là puisque plusieurs personnes ont repris le mp3 pour en faire des vidéos uploadées sur Facebook




    mercredi 4 mai 2011

    L'accès à l'information, bientôt un luxe?


    Un étude du cabinet Nielsen aux US montre que pour la première fois depuis 20 ans, le nombre de possesseurs de télévision a chuté de 98,9% à 96,7%, soit 1,2 millions de postes de TV en moins.

    Dans un article du NY Times, deux raisons sont retenues pour expliquer cette chute.
    • La première est l'évolution technologique qui nécessite d'acheter un équipement de plus de plus en plus cher. La pauvreté est devenu un obstacle à l'accès à la télévision, outil de masse par excellence à la base.
    • La deuxième, c'est toute cette nouvelle génération qui a grandi en ayant un clavier entre les mains beaucoup plus qu'une télécommande...un mot qui disparaîtra peut-être un jour.
    Même si c'est statistiques sont peu significatives et n'augurent en rien un changement radical dans le mode de consommation, elles donnent des indications sur certains points.

    Internet et Television, deux destins liés?

    Le cabinet Nielsen, envisage de changer la définition de "Television householders" pour y inclure les personnes qui regardent des vidéos sur internet.
    Pour les nouvelles générations, Youtube est LA télévision : plus intelligente, plus riche, donnant accès à un archive et interactive.

    Le lien entre internet et Television est de plus en plus fort.
    La mode du Live Tweeting, a prouvé que plus personne ne regardera la télé tout seul. Il a potentiellement avec lui des milliers/ millions (selon la popularité de l'émission) de personnes qui regardent et commentent en live ce qui passe sous leur yeux.

    L'accès à l'information, bientôt un luxe?

    Un foyer modeste n'aura probablement pas dans le futur les moyens d'avoir accès à l'information dans un délai raisonnable. L'évolution de la technologie et le prix que ça peut coûter mettra à l'écart certaines classes.

    Dans un pays comme la Tunisie, l'information est accessible presque gratuitement grâce notamment à la télévision et à la radio. Mais ça reste UNE source d'information.
    L'accès à internet est encore cher dans l'absolu et l'est encore plus s'il faut tenir compte de la qualité de la connexion et du service offerte.

    L'accès aux journaux papier est de plus en plus dur. Leur prix à quasiment été multiplié par deux depuis des années et les nouveaux titres qui sortent affichent souvent le prix prohibitif de 1 dinar, même s'ils sont hebdomadaires.

    Le droit à l'accès à l'information devrait être d'ailleurs parmi les sujets les plus importants des élections de l'assemblée constituante en Tunisie...mais quelque chose me dit qu'il ne le sera pas!

    Crédit Photos: untitledprojects