A propos de l'auteur de ce blog

Mehdi Lamloum, bloggeur et Vidéobloggeur depuis 2005. Actuellement directeur de creation dans une agence de communication, base a Kuala Lumpur, Malaisie
Les informations, opinions, réflexions, analyses, conneries, ne représentent que mon avis personnel et n'engagent en aucun cas celui de mon employeur ou de mes partenaires.

Pour me contacter, vous pouvez utiliser mon email me [at] mehdilamloum [dot] com

Contrat Creative Commons
Ce(tte) oeuvre de Mehdi Lamloum est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Partage des Conditions Initiales à l'Identique 3.0 Unported.

vendredi 6 janvier 2012

Comment #7ell #حل a hacké les médias et les institutions

Disclaimer : Je fais partie du groupe OpenGovTN et j'ai participé à la campagne #7ell, chose dont je suis très fier.


#7ell est une action du groupe OpenGovTN qui milite pour instaure les principes de transparence dans la gouvernance en Tunisie. Une notion totalement étrangère à la gestion des affaires de l'état en Tunisie.
Le but de l'action était de vulgariser la notion au sein du grand public.

Deux aspects m'ont aujourd'hui intéressé dans cette campagne avec un peu de recul :

La collaboration dans la transparence

L'idée est née sur le wall du groupe Facebook consacré à la Team Communication de l'OpenGov. Elle a été discutée là, de manière totalement transparente puisque le groupe est ouvert, et formulée de manière collaborative. Une fois les membres connectés d'accord sur l'idée, plusieurs visuels ont été réalisés (par @achourmoez) sans qu'il n'y ait aucun besoin de faire des réunions, de se rencontrer...d'ailleurs les membres de ce groupes sont dispersés sur plusieurs continents. Toutes les discussions étaient publiques et la décision prise de manière simple.

Toujours dans le même élan un membre a écrit un texte en tunisien qui expliquait la démarche. texte soumis à tous sur un document Google Doc et adopté. Une page Facebook a été créé par un des membres et un appel lancé pour diffuser les visuels et soutenir la cause de l'OpenGov. 
La même nuit, d'autres membres ont réalisés une vidéo 3 D pour donner plus de corps et matière à l'action.

Le lendemain, et suite à une proposition, des membres du groupe OpenGov se sont cotisés pour lancer une campagne de Facebook Ads afin de soutenir les efforts. L'objectif étant de sensibiliser par rapport au vote à l'Assemblée constituante du Vendredi 6 Janvier.

Toutes ces actions ont été pensées, discutées et entamées par les membres du groupe de communication OpenGov sans plus de procédures et surtout en toute transparence puisque les conversations sont encore visibles sur Facebook.

Internet peut hacker les médias et les institutions 

Le poids des médias mainstream est incontestablement plus important que celui d'Internet, aujourd'hui et en Tunisie. Demain ça pourrait changer, ça en prends d'ailleurs la voie, mais ce n'est pas encore le cas.

La campagne #7ell a réussi à passer d'Internet, espace confiné au regard de la part de la population tunisienne connectée sur la population globale, vers les médias mainstream.
RTCI, MosaiqueFM et même la TTN1 a une heure de grande écoute ont accordé du temps à la campagne 7ell. L'accès à la télévision est forcément facilité par la présence de quelques membres de l'Assemblée Constituante au sein du groupe #OpenGov.

Mais c'est un cas pertinent d'une action partie d'internet et qui a pu faire adhérer un maximum de personnes, tout en ayant suffisamment de contenu, pour attirer l'attention des médias se susciter leur intérêt. Un passage primordial pour toucher les personnes non connectées et qui ne doivent pas être considérés comme une population à part. Si tu ne viens pas à Internet, Internet viendras à toi.

Passage de Lobna Jeribi sur la TTN1


Encore mieux que la télévision, c'est les institutions qui ont été hackées par #7ell.
Alors que l'Hémicycle de l'assemblée constituante est l'objet de toute les attentions et que le moindre mot, symbole ou allusion peut dégénérer, #7ell a été vu sur les tables de pas mal d'élus qui soutiennent la transparence et l'opengov.


Le message est crucial à l'heure où on demande plus d'ouverture : Les voies des institutions tunisiennes ne sont pas impénétrables. Pourvu que le message soit cohérent et concrètement matérialisé, il est possible de le véhiculer à l'intérieur de n'importe quelle institution.